Blog Médecine esthétique : ce que votre site peut afficher en 2026

Médecine esthétique : ce que votre site peut afficher en 2026

Réponse courte

Depuis le décret du 22 décembre 2020, un médecin qui pratique la médecine esthétique peut présenter sur son site ses compétences, son parcours, ses actes et ses tarifs. Il ne peut en revanche ni publier de témoignages de patients, ni se comparer à d'autres praticiens, ni inciter à des actes inutiles : c'est le texte de l'article R4127-19-1 du Code de la santé publique. Les photos avant/après restent le premier motif de sanction devant l'Ordre. Et depuis le 26 septembre 2026, les cliniques de chirurgie esthétique ont leur propre décret sur la publicité.

Cet article décrit l'état des textes au 27 septembre 2026. Il ne remplace ni l'avis de votre conseil départemental de l'Ordre, ni celui d'un avocat.

Qu'est-ce qui change avec le décret du 23 septembre 2026 ?

Le décret n° 2026-891 du 23 septembre 2026, publié au Journal officiel le 25 septembre et entré en vigueur le 26, encadre les communications commerciales en faveur des installations de chirurgie esthétique. Il était attendu depuis la loi du 9 mars 2023, qui avait mis fin à l'interdiction absolue de publicité pour ces établissements.

Le décret définit trois types de communication interdites :

  • celles qui sont déloyales ;
  • celles qui sont préjudiciables à la santé publique ;
  • celles qui, par leur caractère, leur présentation ou leur objet, sont de nature à inciter des mineurs à recourir à la chirurgie esthétique.

La sanction vise l'établissement lui-même : son autorisation peut être retirée lorsqu'une telle communication est faite en sa faveur. Le même texte porte de cinq à sept ans la durée des autorisations délivrées ou renouvelées à compter de son entrée en vigueur (Auché-Hedou Avocats).

Point essentiel : ce décret concerne les installations de chirurgie esthétique, c'est-à-dire les cliniques autorisées. Il ne s'applique pas au cabinet d'un médecin qui pratique des injections. Celui-ci reste soumis au code de déontologie médicale, qui est plus strict sur plusieurs points.

Un médecin esthétique a-t-il le droit de promouvoir son cabinet sur internet ?

Oui pour communiquer, non pour faire du commerce. L'article R4127-19 pose que la médecine ne doit pas être pratiquée comme un commerce. L'article R4127-19-1, créé par le décret n° 2020-1662, autorise en revanche le médecin à communiquer au public, par tout moyen et y compris sur un site internet, des informations de nature à éclairer le libre choix du patient.

Ces informations portent notamment sur trois sujets :

  • ses compétences et pratiques professionnelles : les actes qu'il réalise, comment et avec quelle formation ;
  • son parcours professionnel : diplômes, formations, années d'exercice ;
  • les conditions de son exercice : lieu, horaires, modalités de rendez-vous, honoraires.

Le même article R4127-19-1 fixe quatre limites. La communication doit être loyale et honnête. Elle ne doit pas faire appel à des témoignages de tiers. Elle ne doit pas reposer sur des comparaisons avec d'autres médecins ou établissements. Elle ne doit pas inciter à un recours inutile à des actes de prévention ou de soins. Enfin, elle ne doit pas porter atteinte à la dignité de la profession, ni induire le public en erreur.

En pratique, la frontière passe entre informer et vendre. « Nous réalisons des injections d'acide hyaluronique pour les rides d'expression, après une consultation préalable » informe. « Retrouvez 10 ans de moins en une séance » vend, et promet un résultat.

Peut-on publier des photos avant/après sur le site d'un médecin esthétique ?

C'est à éviter. Aucun texte n'interdit en toutes lettres la photo avant/après, mais la chambre disciplinaire nationale de l'Ordre la cite régulièrement comme un procédé publicitaire dans ses décisions (MACSF). Les sanctions sont lourdes. Un médecin a été condamné à un an d'interdiction d'exercer, dont six mois avec sursis, pour un site présentant des photos de patients prises avant et après les interventions de façon à faire apparaître l'efficacité des traitements (Gynéco Online).

La logique est simple : une photo avant/après sélectionne le meilleur résultat pour le montrer au public. Elle fonctionne comme une promesse, même accompagnée d'une mention « résultat non garanti ». C'est précisément ce que l'article R4127-19-1 interdit quand il exige une communication qui n'induit pas en erreur.

Deux règles s'ajoutent, quel que soit l'usage :

  • le secret médical : aucune photo de patient ne se publie sans son consentement écrit, et une photo reconnaissable expose davantage ;
  • l'absence de retouche : une image retouchée ne montre plus un résultat réel.

Le résultat se prouve autrement : en montrant la formation du praticien, en décrivant précisément le déroulé du soin, en citant les données cliniques du produit utilisé avec leurs limites.

Peut-on afficher des avis de patients sur son site ?

Non, pas sur le site du cabinet. L'article R4127-19-1 le dit en toutes lettres : la communication du médecin « ne fait pas appel à des témoignages de tiers ». Cela vise les citations de patients, les notes affichées sous forme d'étoiles, et les widgets qui reprennent automatiquement les avis Google.

Les avis déposés sur votre fiche Google Business Profile existent en dehors de votre site : vous ne les contrôlez pas. Le risque déontologique commence quand vous les reprenez, les mettez en avant ou les sollicitez. Si vous y répondez, restez sur le terrain général, sans jamais confirmer qu'une personne est votre patiente : le secret médical s'applique aussi aux réponses publiques.

Peut-on afficher ses tarifs de médecine esthétique en ligne ?

Oui, et c'est même recommandé. Les honoraires font partie des conditions d'exercice que l'article R4127-19-1 permet de communiquer. Pour des actes que l'Assurance maladie ne rembourse pas, un tarif clair rassure un patient qui craint le surcoût.

Deux obligations encadrent ce que vous affichez :

  • L'information écrite préalable. L'arrêté du 30 mai 2018 impose de remettre au patient, avant les soins, une information écrite sur les actes et leur prix dès que les honoraires atteignent 70 €, et de l'informer du caractère non remboursable de la prestation.
  • Le devis et le délai de réflexion en chirurgie esthétique. Pour une intervention de chirurgie esthétique, le patient reçoit un devis détaillé et dispose d'un délai de réflexion de quinze jours avant l'intervention (article L6322-2 du Code de la santé publique).

Sur le site, affichez des prix « à partir de » pour chaque acte, en précisant qu'un devis suit la consultation. Évitez les promotions limitées dans le temps : un « -20 % ce mois-ci » pousse à décider vite, ce qui relève de l'incitation à un acte que l'article R4127-19-1 proscrit.

L'autorisation de l'Ordre pour pratiquer la médecine esthétique est-elle en vigueur ?

Non. L'article 69 de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 prévoyait de soumettre la pratique de la médecine esthétique à une autorisation délivrée par l'Ordre, avec des conditions de formation et d'expérience fixées par décret. Le Conseil constitutionnel l'a censuré comme « cavalier social », c'est-à-dire sans lien avec le financement de la Sécurité sociale (décision n° 2025-899 DC du 30 décembre 2025).

En réponse à une question écrite au Sénat, le gouvernement a indiqué avoir transmis au Conseil d'État des textes pour définir un cadre plus exigeant d'ici l'été 2026, notamment en réservant ces actes à des professionnels formés et en responsabilisant les laboratoires. Au 27 septembre 2026, nous n'avons pas trouvé leur publication au Journal officiel. C'est le texte à surveiller dans les prochains mois.

Le contexte explique cette pression réglementaire. Les signalements d'actes esthétiques illégaux reçus par l'Ordre des médecins sont passés de 62 en 2022 à 213 en 2025 (Parlons Politique). Les injections pratiquées par des personnes qui ne sont pas médecins, parfois à domicile, ont fait des victimes.

Cabinet, clinique, institut : quelles règles pour quel établissement ?

Les patients confondent souvent les trois. Les règles de communication, elles, n'ont rien à voir.

ÉtablissementTexte qui encadre la communicationQui sanctionnePhotos avant/après
Cabinet de médecine esthétique (médecin)Code de déontologie : articles R4127-19 et R4127-19-1Chambre disciplinaire de l'OrdreÀ éviter : sanctions prononcées
Clinique de chirurgie esthétique (installation autorisée)Décret n° 2026-891 du 23 septembre 2026Retrait possible de l'autorisationEncadrées : aucune communication déloyale ni visant les mineurs
Institut ou centre esthétique non médicalCode de la consommation : pratiques commerciales trompeusesDGCCRFPossibles si réelles, non retouchées, avec consentement écrit

Un point ne se discute pas, quel que soit l'établissement : l'injection d'acide hyaluronique ou de toxine botulique est un acte médical. Un institut qui la propose, ou un site qui la présente comme réalisable par une esthéticienne, expose à des poursuites pour exercice illégal de la médecine.

Que doit afficher le site d'un médecin esthétique pour inspirer confiance ?

Dans un contexte où des injectrices non médecins se présentent comme des professionnelles, votre site doit d'abord prouver que vous êtes médecin. Tout ce qui suit relève de l'information autorisée par l'article R4127-19-1 :

  • Votre identité et votre qualification : nom, spécialité, diplômes et formations en médecine esthétique, avec l'établissement qui les a délivrés.
  • Votre numéro RPPS. Le patient peut le vérifier en quelques secondes sur l'Annuaire santé. C'est la preuve la plus simple à donner et la plus difficile à imiter.
  • Qui réalise l'acte. Précisez que c'est vous, médecin, qui pratiquez chaque injection.
  • Le lieu d'exercice : l'adresse du cabinet, avec des photos des locaux plutôt que des patients.
  • Le déroulé d'un soin : consultation préalable, délai de réflexion, produit utilisé, suites possibles, rendez-vous de contrôle.
  • Les risques, décrits sans les minimiser. Un site qui n'en parle jamais ressemble à une publicité.
  • Les tarifs, en « à partir de », avec la mention de l'information écrite remise avant le soin.

Cette liste sert à la fois le patient et le référencement. Les moteurs de recherche et les assistants IA comme ChatGPT citent plus volontiers une page qui donne des faits vérifiables qu'une page qui promet des résultats.

Comment nous appliquons ces règles sur les sites que nous concevons

Nous avons produit pour Merz Aesthetics les landing pages françaises d'Ultherapy Prime, de Radiesse et de Belotero. La communication d'un laboratoire relève d'un autre régime que celle d'un praticien, celui des produits de santé contrôlé par l'ANSM. La méthode, elle, est la même : chaque affirmation est adossée à sa source, et les données cliniques sont citées avec leurs limites. Une affirmation sourcée convainc davantage qu'une promesse, y compris le lecteur qui ne cliquera jamais sur la référence.

Sur le site d'un cabinet, cela se traduit par trois choix. Nous rédigeons les textes à partir d'un entretien avec le médecin, qui les valide avant publication. Nous remplaçons les photos de patients par des photos du cabinet et de l'équipe. Et nous construisons une page par acte, qui répond aux questions que les patients posent réellement : durée, douleur, suites, prix.

Si vous voulez vérifier ce que votre site actuel affiche, nous faisons un point sur votre site de médecine esthétique : ce qui est conforme, ce qui vous expose, et ce qui manque pour rassurer vos patients. Notre guide du site web pour médecin détaille les règles communes à toutes les spécialités.

Questions fréquentes

Un médecin esthétique peut-il faire de la publicité ?

Il peut communiquer, mais pas faire de publicité commerciale. Depuis le décret n° 2020-1662, l'article R4127-19-1 du Code de la santé publique autorise le médecin à informer le public de ses compétences, de son parcours et de ses conditions d'exercice, y compris sur internet. Cette communication doit rester loyale, sans témoignages, sans comparaison et sans incitation à des actes inutiles. La médecine ne doit pas être pratiquée comme un commerce (article R4127-19).

Les photos avant/après sont-elles interdites sur le site d'un médecin ?

Aucun texte ne les interdit en toutes lettres, mais la chambre disciplinaire nationale de l'Ordre les considère régulièrement comme un procédé publicitaire. Des médecins ont été sanctionnés jusqu'à un an d'interdiction d'exercer pour des sites qui en publiaient. Il est plus sûr de prouver son savoir-faire par sa formation, le déroulé des soins et des données cliniques sourcées.

Peut-on afficher des avis Google sur le site d'un cabinet médical ?

Non. L'article R4127-19-1 exclut le recours à des témoignages de tiers dans la communication du médecin, ce qui vise les citations de patients, les notes en étoiles et les widgets d'avis. Les avis déposés sur la fiche Google Business Profile existent en dehors du site, mais le médecin ne doit ni les reprendre ni les solliciter.

Faut-il afficher ses tarifs de médecine esthétique en ligne ?

C'est autorisé et recommandé, sous forme de prix « à partir de » par acte. Hors ligne, l'arrêté du 30 mai 2018 impose une information écrite préalable dès que les honoraires atteignent 70 €, avec la mention du caractère non remboursable. Pour la chirurgie esthétique, un devis détaillé et un délai de réflexion de quinze jours sont obligatoires.

Qu'est-ce que le décret du 23 septembre 2026 sur la chirurgie esthétique ?

Le décret n° 2026-891, en vigueur depuis le 26 septembre 2026, encadre les communications commerciales des installations de chirurgie esthétique. Il interdit celles qui sont déloyales, préjudiciables à la santé publique ou de nature à inciter des mineurs à recourir à la chirurgie esthétique, sous peine de retrait de l'autorisation. Il ne concerne pas le cabinet d'un médecin qui pratique la médecine esthétique.

L'autorisation de l'Ordre pour la médecine esthétique est-elle obligatoire ?

Non, pas au 27 septembre 2026. L'article 69 de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, qui la prévoyait, a été censuré par le Conseil constitutionnel le 30 décembre 2025. Le gouvernement a annoncé de nouveaux textes pour encadrer ces actes, dont nous n'avons pas trouvé la publication à cette date.

Un institut de beauté peut-il proposer des injections d'acide hyaluronique ?

Non. L'injection d'acide hyaluronique ou de toxine botulique est un acte médical, réservé aux médecins. Un institut qui la propose expose ses responsables à des poursuites pour exercice illégal de la médecine. Son site peut en revanche présenter les soins non médicaux qu'il réalise, dans le respect du Code de la consommation.

Comment un patient peut-il vérifier qu'un praticien est bien médecin ?

En cherchant son nom ou son numéro RPPS sur l'Annuaire santé (annuaire.esante.gouv.fr), qui recense les professionnels de santé autorisés à exercer en France. Un médecin esthétique a tout intérêt à afficher ce numéro sur son site : c'est la preuve la plus simple de sa légitimité.

Sources

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