Résumé généré par l'IA
Réponse courte
Un chirurgien-dentiste peut présenter sur son site ses compétences, ses actes, son parcours, son cabinet et son équipe, depuis le décret n° 2020-1658 du 22 décembre 2020. Il doit même y afficher ses honoraires et les modes de paiement acceptés : l'Ordre recommande les tarifs des 5 à 10 actes les plus pratiqués. En revanche, son site ne peut contenir ni témoignages, ni notes en étoiles, ni comparaison avec d'autres cabinets, ni promotion, et l'Ordre déconseille les photos avant/après. Acheter un référencement prioritaire sur Google, par exemple avec Google Ads, est interdit.
Cet article s'appuie sur les recommandations du Conseil national de l'Ordre des chirurgiens-dentistes dans leur version du 19 juin 2026. Il ne remplace ni l'avis de votre conseil départemental, ni celui d'un avocat.
Un dentiste a-t-il le droit d'avoir un site internet ?
Oui, et sans autorisation préalable. L'article R4127-215-1 du Code de la santé publique, issu du décret de décembre 2020, permet au chirurgien-dentiste de « communiquer au public, par tout moyen, y compris sur un site internet » des informations utiles au libre choix du praticien : ses compétences et pratiques, son parcours, ses conditions d'exercice.
Cette liberté a un cadre. La profession « ne doit pas être pratiquée comme un commerce » (article R4127-215), et la communication doit être loyale et honnête, sans témoignages de tiers, sans comparaison, sans inciter à des soins inutiles et sans induire le public en erreur. Les recommandations de l'Ordre, régulièrement mises à jour et dont le juge peut tenir compte, détaillent ce que cela veut dire concrètement.
Les tarifs : une obligation, pas une option
C'est le point que la plupart des sites de cabinets oublient. L'article R4127-240-II impose au chirurgien-dentiste qui présente son activité au public, « notamment sur un site internet », d'y inclure une information sur :
- les honoraires pratiqués ;
- les modes de paiement acceptés ;
- les obligations qui garantissent l'accès aux soins sans discrimination, comme la complémentaire santé solidaire ou l'aide médicale d'État.
Afficher tous les actes de la nomenclature n'aurait pas de sens. L'Ordre recommande donc d'indiquer les honoraires d'au moins 5 à 10 prestations parmi les plus pratiquées, et autorise à renvoyer vers l'annuaire santé d'ameli.fr pour les actes conventionnés. L'information doit être « claire, honnête, précise et non comparative ».
Ce qui reste interdit : les ristournes et les offres. L'Ordre cite lui-même « 3 implants pour le prix de 2 » ou « -50 % au 10e soin ». Hors ligne, l'affichage des honoraires en salle d'attente et le devis préalable restent obligatoires ; leur absence expose à une amende administrative pouvant atteindre 3 000 € pour un praticien.
Peut-on afficher des avis de patients sur le site d'un dentiste ?
Non. L'Ordre écrit qu'une communication loyale « ne fera pas appel à des témoignages de tiers ni à des notations ». Cela exclut les citations de patients, les notes en étoiles et les widgets qui reprennent automatiquement vos avis Google. L'Ordre ajoute que des témoignages de patients sur le site d'un chirurgien-dentiste « tendraient à être une information trompeuse ».
Les avis déposés sur votre fiche Google existent en dehors de votre site. Pour y répondre, la règle est stricte : l'Ordre cite parmi les atteintes au secret professionnel le fait de « répondre à un avis nominatif et identifiable de patients ». Une réponse ne doit donc jamais confirmer que l'auteur est venu au cabinet. Nous détaillons les formulations possibles et les démarches de suppression dans notre article sur les avis Google des professionnels de santé.
Les photos avant/après sont-elles autorisées ?
L'Ordre les déconseille clairement : des photographies « avant/après traitement » tendraient « à suggérer dans l'esprit des patients un résultat positif certain ». Elles tombent alors sous l'interdiction d'induire le public en erreur.
Pour les photos et vidéos tournées au cabinet, le secret professionnel s'applique en plus : un patient filmé ne doit jamais être identifiable, et son visage doit être flouté, même s'il donne son accord. Ni son nom, ni une radiographie portant son identité, ni une capture d'écran permettant de le reconnaître ne peuvent être publiés.
Ce qui fonctionne mieux : des photos du cabinet, de l'équipe et des équipements, et des schémas qui expliquent un traitement sans promettre de résultat.
Spécialités, titres et formations : les mots à employer
Il n'existe que trois spécialités en chirurgie dentaire : l'orthopédie dento-faciale, la chirurgie orale et la médecine bucco-dentaire. Se présenter comme « spécialiste » ou « expert » sans le titre correspondant fait partie des exemples d'information trompeuse cités par l'Ordre.
Un omnipraticien qui concentre son activité sur un domaine peut le dire, avec les formulations prévues par l'Ordre : « oriente sa pratique aux actes d'orthodontie », ou « limite sa pratique aux actes d'odontologie chirurgicale ». Les formations suivies qui ne sont pas reconnues par le Conseil national peuvent figurer sur le site, accompagnées de la mention qu'il ne s'agit ni de spécialités ni de diplômes reconnus par l'Ordre. Et bien sûr, on ne liste que les formations réellement suivies.
Présenter son cabinet et ses équipements
Le site peut décrire le cabinet, le plateau technique et les équipements, mais « sans valorisation et sans comparaison ». Deux pièges reviennent souvent :
- Présenter une obligation légale comme un atout exceptionnel. L'Ordre cite des procédés de stérilisation présentés comme « avant-gardistes » alors qu'ils respectent simplement la réglementation.
- Employer un mot inexact. Un bloc opératoire et une salle de chirurgie ne répondent pas aux mêmes normes : le terme doit correspondre à la réalité.
Les informations pratiques, elles, sont bienvenues et très consultées sur mobile : adresse et accès, horaires, prise de rendez-vous, accessibilité, équipe avec les fonctions de chacun, et conduite à tenir en cas d'urgence.
Google Ads et référencement : où est la limite ?
L'article R4127-217 interdit au chirurgien-dentiste d'obtenir « contre paiement ou par tout autre moyen un référencement numérique faisant apparaître de manière prioritaire l'information le concernant ». Une campagne Google Ads qui fait apparaître le cabinet en tête des résultats est donc exclue, et l'Ordre précise que l'interdiction vise le référencement prioritaire « payant ou non ».
Notre lecture : un site clair, rapide et bien structuré, qui répond aux questions que se posent les patients, relève de l'information et non d'un procédé pour apparaître en priorité. Acheter des liens, des avis ou des emplacements pour remonter artificiellement, en revanche, se heurte à cette règle. En cas de doute sur une action précise, votre conseil départemental reste l'interlocuteur à consulter.
Liens vers des marques et nom de domaine
Le code interdit toute publicité « intéressant un tiers ou une entreprise industrielle ou commerciale » (article R4127-225). L'Ordre en déduit qu'un chirurgien-dentiste ne doit pas vanter une société commerciale sur son site, ni faire de lien vers le site d'une marque : un fabricant d'implants, une marque d'aligneurs ou de brosses à dents.
Le nom de domaine suit la même logique. L'Ordre range parmi les communications comparatives prohibées les noms de domaine construits sur des termes comme « meilleur » ou « moins cher ». Votre nom ou celui du cabinet, suivi de la ville, reste le choix le plus sûr.
Ce que le site d'un cabinet dentaire doit afficher
| Rubrique | Contenu | Statut |
|---|---|---|
| Identité | Nom, prénom, numéro RPPS, photo du praticien et de l'équipe | Recommandé |
| Situation | Conventionnement, éventuel droit à dépassement | Recommandé |
| Honoraires | Tarifs d'au moins 5 à 10 actes courants, modes de paiement | Obligatoire |
| Accès aux soins | Rappel des droits (CSS, AME), sans discrimination | Obligatoire |
| Pratiques | Actes réalisés, formulés sans créer de fausse spécialité | Autorisé |
| Cabinet | Adresse, accès, horaires, accessibilité, équipements | Autorisé |
| Avis et notes | Citations, étoiles, widgets d'avis | Interdit |
| Avant/après | Photos de résultats | Déconseillé |
| Promotions | Remises, offres groupées | Interdit |
Comment nous appliquons ces règles
Nous concevons des sites pour des cabinets dentaires et d'autres professions de santé, avec le même principe : chaque phrase doit pouvoir être justifiée. Concrètement, nous construisons une page d'honoraires claire avec les actes les plus demandés, une page par traitement qui répond aux vraies questions des patients (durée, nombre de séances, suites, prise en charge), et des visuels du cabinet plutôt que des photos de patients.
Les règles des chirurgiens-dentistes sont très proches de celles des médecins, avec des différences importantes sur les honoraires et les spécialités. Si vous exercez aussi la médecine esthétique, notre article sur ce que peut afficher le site d'un médecin esthétique complète celui-ci.
Questions fréquentes
Un dentiste peut-il avoir un site internet ?
Oui. Depuis le décret n° 2020-1658 du 22 décembre 2020, l'article R4127-215-1 du Code de la santé publique permet au chirurgien-dentiste de communiquer au public par tout moyen, y compris un site internet, sur ses compétences, ses pratiques, son parcours et ses conditions d'exercice, sans autorisation préalable de l'Ordre.
Un dentiste doit-il afficher ses tarifs sur son site ?
Oui, c'est une obligation de l'article R4127-240-II dès lors qu'il présente son activité sur internet : honoraires pratiqués, modes de paiement acceptés et règles d'accès aux soins sans discrimination. L'Ordre recommande d'indiquer les tarifs d'au moins 5 à 10 actes parmi les plus pratiqués, sans comparaison ni promotion.
Peut-on mettre des avis Google sur le site d'un cabinet dentaire ?
Non. Selon les recommandations de l'Ordre, une communication loyale ne fait appel ni à des témoignages de tiers ni à des notations. Les citations de patients, les notes en étoiles et les widgets d'avis Google sont donc à retirer du site du cabinet.
Les photos avant/après sont-elles interdites pour un dentiste ?
L'Ordre les déconseille, car elles tendraient à suggérer un résultat positif certain et peuvent induire le public en erreur. Toute photo ou vidéo de patient doit en outre le rendre non identifiable, visage flouté, même avec son accord.
Un dentiste peut-il faire de la publicité sur Google Ads ?
Non. L'article R4127-217 interdit d'obtenir, contre paiement ou par tout autre moyen, un référencement faisant apparaître le praticien de manière prioritaire dans les résultats de recherche. Un site bien structuré et informatif reste en revanche possible.
Un dentiste peut-il se dire spécialiste en implantologie ?
Non, l'implantologie n'est pas une spécialité : il n'en existe que trois (orthopédie dento-faciale, chirurgie orale, médecine bucco-dentaire). Un omnipraticien peut indiquer qu'il « oriente sa pratique » vers certains actes, avec les formulations prévues par l'Ordre.
Un dentiste peut-il mettre un lien vers une marque sur son site ?
Non. L'article R4127-225 interdit toute publicité au profit d'un tiers ou d'une entreprise commerciale, et l'Ordre précise que cela inclut les liens vers le site d'une marque, par exemple de produits ou de dispositifs.
Sources
- Communication professionnelle des chirurgiens-dentistes : recommandations et explicitations, version du 19 juin 2026 — Conseil national de l'Ordre des chirurgiens-dentistes
- Communication professionnelle des chirurgiens-dentistes — Ordre national des chirurgiens-dentistes
- Code de déontologie des chirurgiens-dentistes — Ordre national des chirurgiens-dentistes
- Fin de l'interdiction de la publicité pour les chirurgiens-dentistes — MACSF